Zelda : quand Miyamoto doutait de l’intérêt des donjons
Si la perspective d’un remake de The Legend of Zelda: Ocarina of Time ravive l’enthousiasme des fans pour ses donjons iconiques, une révélation historique vient nuancer cette attente. Ironie du sort, c’est précisément durant le développement de ce chef-d’œuvre que Shigeru Miyamoto, le créateur de la saga, a commencé à remettre en question la pertinence même de ces structures labyrinthiques traditionnelles.

La fin de la « suprématie des donjons »
Dans une interview accordée en 1999, traduite par Shmuplations, Miyamoto confiait que le développement des donjons était alors un processus épuisant pour ses équipes, souvent au bord des larmes face aux multiples révisions nécessaires. À l’époque, la philosophie de Nintendo reposait sur une « suprématie des donjons », héritée du premier volet de la série où l’aventure se limitait presque exclusivement à ces espaces clos.
Avec Ocarina of Time, l’approche a radicalement changé. Pour la première fois, l’équipe a cherché à s’affranchir des contraintes héritées d’A Link to the Past. « Nous nous sommes demandé si ces labyrinthes, où tout est lié de manière linéaire, étaient encore intéressants pour les joueurs », expliquait le concepteur. Pour lui, le plaisir ne résidait plus dans la résolution fastidieuse de chemins tracés, mais dans l’immédiateté émotionnelle, le sentiment de danger et la découverte de secrets.
Une vision qui a façonné le futur de la série
Cette réflexion de Miyamoto explique pourquoi les titres suivants, comme Majora’s Mask ou The Wind Waker, ont réduit le nombre de donjons au profit d’une exploration plus vaste du monde extérieur. Selon lui, le modèle des labyrinthes linéaires n’était plus adapté à l’ère de la 3D.
Les points clés de cette philosophie :
- Priorité donnée au sentiment d’immersion et à la pression émotionnelle plutôt qu’à la navigation.
- Volonté de s’éloigner de la structure strictement linéaire des anciens jeux.
- Recherche d’une interaction plus naturelle avec l’environnement.

Le paradoxe du remake
Bien que Miyamoto ait émis des doutes sur la pertinence des donjons classiques, leur héritage reste indélébile. Des lieux comme la Forteresse Gerudo ou le Temple de la Forêt demeurent, pour beaucoup de joueurs, les moments les plus marquants de la franchise. L’idée de redécouvrir ces environnements avec une technologie moderne n’est pas seulement une prouesse technique : c’est la promesse de revivre une atmosphère unique, prouvant que, malgré l’avis de son créateur, le “donjon à l’ancienne” possède encore une magie bien particulière aux yeux du public.