Hotel Barcelona : une déception signée Swery et Suda51
Le jeu Hotel Barcelona, fruit d’une collaboration très attendue entre les créateurs japonais Swery (Deadly Premonition) et Suda51 (No More Heroes), ne parvient jamais à transformer l’essai. Malgré l’aura de ces deux visionnaires du jeu vidéo, ce titre horrifique se perd dans une médiocrité technique et narrative qui déçoit profondément.

L’intrigue place le joueur dans la peau de Justine, une marshal fédérale dont l’esprit est partagé avec le Dr Carnival, un tueur en série dépravé. Ensemble, ils explorent un hôtel maudit situé à la frontière entre la Pennsylvanie et la Virginie-Occidentale, dans un cadre rappelant fortement The Shining. Cependant, l’exécution est loin d’être à la hauteur de ces inspirations prestigieuses.
Un roguelite qui manque sa cible
Le cœur du gameplay s’articule autour d’une boucle de jeu typique des roguelites d’action : parcourir des niveaux, terrasser des boss et améliorer son équipement. Pourtant, là où des références comme Dead Cells ou Hollow Knight excellent, Hotel Barcelona échoue. Le système de combat est lourd, répétitif et souvent injuste.
- Commandes imprécises : Il arrive fréquemment que les attaques, légères ou lourdes, ne se déclenchent tout simplement pas.
- Feedback inexistant : Les armes, qu’il s’agisse de haches ou de tronçonneuses, manquent cruellement de poids et de sensation d’impact.
- Difficulté frustrante : Avant de débloquer une compétence d’invulnérabilité après une chute, le joueur est souvent pris au piège de combos ennemis impossibles à contrer.
Le système « Slasher Phantom » : la seule éclaircie
Le titre n’est pas dénué de toute innovation. Le système Slasher Phantom permet d’enregistrer vos parties précédentes sous forme de « fantômes » qui combattent à vos côtés lors des tentatives suivantes. Cette mécanique de superposition des runs offre une aide précieuse pour surmonter les boss les plus déséquilibrés, constituant le seul véritable intérêt tactique du jeu.

Une narration et une technique en berne
En dehors de son concept original de fantômes, le jeu s’effondre. Le scénario est porté par des dialogues laborieux et un doublage de piètre qualité. Pire encore, le jeu s’appuie sur un humour daté et maladroit, tentant des piques sur la « culture du bannissement » qui semblent déconnectées et pénibles.

À cela s’ajoutent des problèmes techniques récurrents, comme des défis qui échouent sans raison apparente ou des mécaniques — telles que la gestion de l’endurance — qui semblent totalement superficielles. Si les fans d’horreur pourront s’amuser à identifier les clins d’œil aux classiques du genre, l’expérience globale reste une déception marquante. Pour Hotel Barcelona, comme le suggère la célèbre chanson, il est préférable de quitter les lieux au plus vite.