GTA : Pourquoi la concurrence a déserté les mondes ouverts
L’hégémonie de Grand Theft Auto sur le marché des jeux en monde ouvert est telle que la concurrence semble avoir totalement capitulé. C’est le constat sans appel dressé par Obbe Vermeij, ancien directeur technique chez Rockstar North, qui a passé près de 14 ans au cœur du développement de la franchise culte.

Alors que des licences autrefois rivales ont disparu ou se sont essoufflées — à l’instar de Watch Dogs dont l’avenir semble compromis, du reboot de Saints Row en 2022 qui a déçu les attentes, ou encore du refus persistant de Square Enix de lancer un Sleeping Dogs 2 — le genre du “sandbox” urbain pur se vide de ses prétendants.
Une peur panique face à Rockstar
Selon Vermeij, l’absence de rivaux sérieux ne signifie pas pour autant que le créneau est saturé. Dans un entretien accordé à Gameshub, il affirme que malgré la domination écrasante de Rockstar, il existe une réelle “opportunité” pour de nouveaux acteurs.
Le problème majeur reste psychologique et financier : “Tout le monde est terrifié à l’idée d’affronter GTA”, explique l’ancien développeur. Cette crainte se double d’une réalité économique brutale :
- La difficulté de lancer une licence : Créer une nouvelle franchise est un pari risqué, comme l’a illustré Leslie Benzies, ex-président de Rockstar, avec son studio Build a Rocket Boy.
- L’exigence du public : Les joueurs sont prompts à abandonner un titre au moindre défaut si celui-ci ne bénéficie pas de la notoriété d’une marque établie.
- Le cycle de production : L’écart immense entre deux sorties de Rockstar (huit ans entre GTA 5 et l’attente autour de GTA 6) laisse pourtant un boulevard vacant.
Existe-t-il encore une place pour les rivaux ?
Pour Obbe Vermeij, le marché laisse des ouvertures géographiques ou temporelles. “Si vous sortez un jeu urbain dans l’intervalle, vous pourriez le situer dans le futur, ou peut-être à Moscou, peu importe. Il y a une opportunité”, souligne-t-il. Bien que Cyberpunk 2077 parvienne à capter une partie de cette audience, il reste davantage ancré dans le RPG que dans le bac à sable pur cher à la série de Rockstar.
Vermeij garde toutefois un regard critique sur son propre travail passé, avouant par exemple ne pas avoir particulièrement apprécié GTA 4 lors de sa sortie, en raison des nombreux sacrifices techniques nécessaires pour mener à bien le projet à l’époque.
