God of War Sons of Sparta : un Metroidvania sans éclat
Le dernier né de la franchise, God of War Sons of Sparta, sorti le 13 février 2026 sur PS5, tente une incursion audacieuse dans le genre Metroidvania. Développé par Mega Cat Studios en collaboration avec Santa Monica Studio, ce préquel place les joueurs dans la peau d’un jeune Kratos, accompagné de son frère Deimos, bien avant les épopées brutales que nous connaissons. Malgré un concept narratif intrigant, le résultat peine à convaincre.

Une aventure en demi-teinte
L’intrigue se concentre sur les premiers pas des deux frères hors des murs de Sparte. Si le cadre géographique est bien structuré, avec des chemins interconnectés, le ton adopté surprend : on se rapproche davantage d’une dynamique à la Hardy Boys que de la tragédie épique habituelle. Kratos y est dépeint comme un jeune Spartan rigide, tandis que Deimos apporte une impulsivité qui force le joueur à explorer les environnements.
Malheureusement, l’exécution technique plombe l’expérience. Les animations manquent de fluidité et de clarté, rendant les affrontements — pourtant centraux dans la série — étrangement mous. Là où l’on attend l’adrénaline et la brutalité viscérale propres à la licence, on récolte une sensation de flottement qui empêche toute immersion réelle.
Un système de combat répétitif
Le cœur du gameplay repose sur un système de couleurs imposé pour gérer les attaques ennemies :
- Rouge : esquive obligatoire.
- Bleu : parade nécessaire.
- Jaune : contre-attaque précise.
- Violet : évitement total requis.
Cette approche transforme les combats en un exercice mécanique répétitif plutôt qu’en un flux naturel et gratifiant. Même les « brutal kills », signature de la franchise, manquent cruellement d’impact. Les animations de finition sont ternes, sans poids, et contrastent douloureusement avec la violence stylisée de titres comme Blasphemous ou The Last Faith.

Esthétique et structure
Visuellement, le jeu souffre d’une identité graphique confuse. Si certains décors, comme le temple dionysiaque submergé par des effluves de sang, tirent leur épingle du jeu, le reste manque de définition. Les modèles de personnages, au style proche de la Nintendo DS, créent un flou visuel qui nuit à la lisibilité de l’action.

Côté progression, le jeu reprend les codes du genre avec des temples débloquant des capacités (comme une fronde ou une branche enflammée) permettant d’ouvrir de nouveaux passages. Bien que la satisfaction de débloquer des zones soit présente, elle ne suffit pas à masquer la pauvreté des arbres de compétences et le manque d’intérêt des équipements. Dans l’ensemble, God of War Sons of Sparta est une production « service minimum » qui, face à la concurrence féroce des Metroidvania actuels, peine à justifier son existence au sein d’une saga aussi prestigieuse.
