Sleep Awake : un cauchemar au potentiel gâché par l’ennui
Le concept de Sleep Awake est aussi terrifiant qu’efficace : dans un monde frappé par une mystérieuse calamité nommée « The Hush », le sommeil est devenu une condamnation à mort. Pourtant, malgré cette prémisse horrifique prometteuse, le jeu édité par Blumhouse Games peine à maintenir l’éveil du joueur, se perdant dans des mécaniques d’infiltration trop convenues pour réellement marquer les esprits.

Une esthétique riche, une narration dense
Développé par Eyes Out, le titre nous plonge dans une cité dystopique où l’on incarne Katja. Entre les interludes en prises de vues réelles et une accumulation de noms propres, le jeu submerge le joueur dès la première heure. L’univers, bien que visuellement soigné avec ses appartements délabrés et ses théâtres hantés par d’immorales expérimentations, semble souffrir d’un excès de zèle narratif. Les documents à lire, censés enrichir le lore, manquent cruellement de saveur et paraissent trop arides pour captiver.

L’infiltration : le point faible du titre
Si la direction artistique brille lors des hallucinations — comme lorsque des meubles dansent ou que des portillons se muent en lames tranchantes — le gameplay, lui, reste tragiquement classique. La majorité de l’aventure consiste à se faufiler derrière des ennemis équipés de masques à gaz, une figure imposée du genre horrifique qui manque cruellement d’originalité face à des titres comme Still Wakes the Deep.
- Points forts : Une imagerie onirique distinctive, un ennemi terrifiant en fin de partie, et une seconde moitié de jeu nettement plus intense.
- Points faibles : Une boucle de gameplay d’infiltration redondante, une écriture trop expositive et une dépendance excessive aux clichés du genre.

Le réveil tardif
Il est frustrant de constater que Sleep Awake ne révèle son véritable potentiel qu’au cours de sa seconde moitié. L’introduction d’un ennemi nécessitant une mécanique de « non-regard » et un sound design particulièrement soigné viennent enfin briser la monotonie. Ces moments d’éclat soulignent le talent du studio, tout en accentuant le regret : pourquoi avoir attendu si longtemps pour proposer des séquences aussi inspirées ?

En fin de compte, Sleep Awake s’apparente à un rêve dont on finit par se lasser. Malgré une ambiance visuelle forte et quelques fulgurances horrifiques en fin de parcours, le titre donne trop souvent l’impression de somnambuler à travers des mécaniques d’infiltration vues et revues. Une occasion manquée pour une œuvre qui, avec un peu plus d’audace, aurait pu s’imposer comme une référence du genre.
