The Rogue Prince of Persia : un roguelike fluide mais sans éclat
Disponible depuis le 20 août 2025 sur PC, The Rogue Prince of Persia arrive sur le marché avec une promesse claire : marier l’agilité légendaire du Prince à la structure exigeante du roguelike. Développé par Evil Empire, le studio derrière l’incontournable Dead Cells, ce nouveau titre édité par Ubisoft se présente comme une œuvre techniquement maîtrisée, mais qui peine à marquer les esprits par une identité réellement singulière.

Une boucle de jeu classique mais efficace
Le scénario nous place dans un royaume antique envahi par une armée de Huns utilisant la magie noire. Le Prince, laissé pour mort, se découvre le porteur d’un pendentif lui permettant de ressusciter indéfiniment. Ce mécanisme justifie la boucle de gameplay traditionnelle du genre : chaque défaite vous ramène à la zone de hub, trois jours avant l’assaut, pour une nouvelle tentative.
Si la formule est éprouvée, le titre souffre d’une comparaison directe avec des cadors du genre. Il manque à cette aventure la profondeur narrative d’un Hades, la rejouabilité infinie d’un FTL ou la finesse d’exécution de Dead Cells. Par moments, la ressemblance avec ce dernier est d’ailleurs si frappante — des biomes aux combats de boss — que l’on s’interroge sur la volonté du studio : hommage conscient ou simple recyclage de concepts déjà rodés ?

Une direction artistique soignée
L’atout majeur de cette production réside dans son esthétique. Evil Empire a opté pour un style « ligne claire », rappelant les bandes dessinées classiques comme Tintin. Le résultat est visuellement charmant, offrant une lisibilité exemplaire et des décors colorés qui flattent la rétine, bien que ce style peine parfois à s’exprimer pleinement dans les environnements les plus sombres du jeu.
Points forts et limites du titre
- Fluidité de mouvement : Le parkour, notamment la course murale, est parfaitement intégré et procure une sensation de vitesse grisante.
- Style visuel : Une direction artistique propre et élégante qui sort du lot.
- Combat perfectible : Si le système propose une variété d’armes, la précision des affrontements manque parfois de rigueur, avec certains combos ou compétences spéciales manquant de clarté.

Maîtriser le parkour
Le cœur du jeu repose sur la fusion entre plateforme et combat. Les phases de mouvement sont les plus réussies, surtout lors des séquences de course contre la montre où il faut échapper à des tentacules maléfiques. Le joueur commence en tant que débutant, mais après une vingtaine d’heures, la maîtrise des sauts rythmés et des déplacements sur les murs transforme l’expérience en un véritable ballet de parkour.

Cependant, le combat accuse une certaine lourdeur. Certains pouvoirs, bien que théoriquement puissants, peuvent se retourner contre le joueur, comme ces effets visuels explosifs qui masquent les ennemis et ouvrent la voie à des attaques sournoises. De même, les personnages secondaires manquent de relief, se contentant d’archétypes prévisibles sans réelle profondeur émotionnelle.

En définitive, The Rogue Prince of Persia est un titre plaisant, idéal pour occuper une vingtaine d’heures sans frustration majeure. Il ne révolutionne pas le genre et ne cherche pas à s’imposer comme une œuvre monumentale, mais il offre une expérience honnête et visuellement séduisante pour ceux qui cherchent un jeu de plateforme 2D efficace.