Wuchang: Fallen Feathers, un soulslike brillant mais frustrant
Le genre soulslike repose sur un cycle immuable : l’échec, l’apprentissage des patterns et, enfin, la satisfaction d’une victoire arrachée de haute lutte. Wuchang: Fallen Feathers, développé par Leenzee Games, s’inscrit dans cette tradition exigeante en plongeant les joueurs dans une Chine de la fin de la dynastie Ming, visuellement époustouflante. Toutefois, derrière ses chorégraphies de combat inspirées du wuxia, le titre cache des mécaniques parfois punitives qui viennent freiner l’enthousiasme.
Un univers authentique et une exploration gratifiante
Le jeu suit Bai Wuchang, une jeune femme infectée par la « maladie de la plume » (Feathering Disease). Alors que le mal pousse ses victimes à la folie, l’héroïne résiste, cherchant à percer les mystères de cette épidémie. Si la prémisse est intrigante, le récit peine à convaincre. L’histoire est fragmentée par des apparitions sporadiques de PNJ qui délivrent des informations sans contexte, rendant le suivi de l’intrigue laborieux.

C’est sur le plan visuel et environnemental que le studio chinois excelle. Les décors — forêts denses, temples élaborés et toundras lumineuses — semblent tout droit sortis de peintures traditionnelles. Cette authenticité se double d’un level design exemplaire. L’exploration est récompensée par des chemins détournés regorgeant de ressources utiles, comme le « Mercure Rouge » (l’équivalent des âmes) ou des objets de soin, rendant chaque progression vers le point de sauvegarde suivant gratifiante.

Le paradoxe du combat : style contre rigidité
Le cœur du gameplay réside dans l’enchaînement de combos spectaculaires et l’utilisation de compétences basées sur le Skyborn Might. En esquivant au bon moment, le joueur accumule de la puissance pour ses sorts. Cette dynamique encourage un jeu offensif, mais la réalité des affrontements, notamment contre les boss, est plus contrastée :
- Absence de recul : Les ennemis sont extrêmement difficiles à faire chanceler, ce qui interrompt fréquemment les combos du joueur.
- Animation de relevé punitive : Lorsqu’elle est mise à terre, Bai Wuchang met un temps excessif à se relever, sans frames d’invincibilité, s’exposant à des enchaînements fatals.
- Difficulté inégale : Si les boss sont techniquement bien chorégraphiés, leur résistance au stun force souvent à adopter une approche défensive et prudente, à l’opposé de la fluidité promise.

Heureusement, le jeu évite l’écueil de la surenchère des phases multiples. Les combats de boss à deux étapes sont rares, ce qui rend leur survenue bien plus marquante et gratifiante lorsqu’elle se produit, contrairement à d’autres titres récents du genre.
Une personnalisation intuitive
Le système de progression, rappelant le damier de Final Fantasy X, permet une grande flexibilité. Le joueur dispose de cinq types d’armes (haches, lances, doubles lames, épées une main et longues épées), chacune offrant ses propres mécaniques défensives.

La possibilité de réinitialiser ses compétences gratuitement à tout moment encourage l’expérimentation. Le système de Swift Draw, permettant de changer d’arme en plein combo, apporte une profondeur tactique bienvenue, complétée par des sorts visuellement percutants comme l’invocation d’essaims d’insectes ou de flèches de tonnerre.

En somme, Wuchang: Fallen Feathers est une expérience solide. Malgré une narration nébuleuse et des frustrations liées aux mécaniques de combat, son esthétique unique et la richesse de son exploration en font un titre digne d’intérêt pour les amateurs de défis exigeants.

