Yakuza Kiwami 3 : Un retour ensoleillé gâché par Dark Ties
Kazuma Kiryu reprend du service, non pas pour régler ses comptes avec le clan Tojo, mais pour protéger son orphelinat sur les côtes ensoleillées d’Okinawa. Sorti le 11 février 2025, Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties propose une refonte moderne de l’un des chapitres les plus marquants de la saga, tout en introduisant une campagne bonus qui peine à convaincre.

Un gameplay musclé, enfin débarrassé de ses lourdeurs
Le principal apport de ce remake signé Ryu Ga Gotoku Studio est sans conteste la refonte totale du système de combat. Fini les ennemis “éponges à dégâts” qui bloquaient systématiquement chaque attaque, une frustration majeure de la version originale. Le dynamisme est ici comparable à celui de Lost Judgment.
L’ajout du style de combat “Ryukyu” apporte une touche d’absurde bienvenue : Kiryu peut désormais invoquer des armes traditionnelles, comme des rames ou des tonfas, pour terrasser ses adversaires. Bien que le réalisme en pâtisse, le plaisir de jeu est immédiat, transformant chaque affrontement en une chorégraphie brutale et satisfaisante.

Okinawa : une communauté au cœur du récit
Le titre brille par sa narration, axée sur la reconstruction personnelle de Kiryu. Loin des intrigues purement criminelles, le jeu explore le quotidien d’un homme qui tente de fonder une famille. Cette dimension humaine est renforcée par de nouvelles quêtes secondaires qui s’inspirent des récents succès de la licence, comme l’intégration d’un gang de motardes ou des activités locales.

Cependant, le passage à la modernité comporte des zones d’ombre :
- Disparition des “Revelations” : Le système original, où Kiryu s’inspirait de situations absurdes pour apprendre des techniques, est remplacé par un arbre de compétences générique.
- Espace restreint : La carte d’Okinawa semble ici plus étriquée, rendant certains ajouts comme le “Street Surfer” un peu superflus.
- Contenu supprimé : Quelques-unes des meilleures quêtes annexes du jeu original ont été écartées, au grand dam des fans de longue date.


Dark Ties : une fausse bonne idée
Le bât blesse véritablement avec l’ajout de Dark Ties, une campagne prequel centrée sur Yoshitaka Mine. Présenté comme un contenu à part entière, cet arc narratif est décevant. Contrairement à l’excellence de Yakuza 0, cette incursion dans la psyché de Mine manque de profondeur et détonne avec le ton chaleureux de l’aventure principale.

L’aspect “sombre” et edgy de ce chapitre semble forcé, rendant les interactions avec les antagonistes peu inspirées. Ce mode, proche du rogue-like, s’avère répétitif et n’apporte que peu de valeur ajoutée à l’expérience globale. Malgré ces réserves, la qualité de l’interprétation vocale — tant en japonais qu’en anglais — permet de maintenir l’immersion dans cette épopée du Dragon de Dojima.

En somme, Yakuza Kiwami 3 réussit son pari de rendre l’histoire originale accessible et gratifiante, malgré une tentative de diversification via Dark Ties qui laisse un goût amer. Okinawa reste une destination indispensable pour tout amateur de la franchise.