MMO : Raph Koster annonce la fin de l’ère “World of Warcraft”
Le genre du MMORPG traverse une mutation majeure. Raph Koster, figure emblématique et concepteur principal du pionnier Ultima Online, estime que les jeux massivement multijoueurs ont enfin réussi à s’extraire de l’ombre pesante de World of Warcraft. Après des décennies passées à tenter de copier la formule de Blizzard, l’industrie semble enfin prête à explorer de nouveaux horizons.

Dans un entretien accordé à 80LV, Koster, dont le CV inclut des titres fondateurs comme EverQuest, sa suite et Star Wars: Galaxies, explique ce retour aux affaires. Il signe son grand retour dans le développement de MMO avec Stars Reach, motivé par un constat clair : le marché n’est plus obsédé par la recherche du “WoW-killer”, une quête qu’il qualifie de vaine.
L’influence des jeux bac à sable sur le MMO
Pour l’expert, ce changement de paradigme est porté par l’émergence de mécaniques “sandbox” présentes dans des titres variés. L’intérêt croissant des joueurs pour des expériences moins centrées sur le combat pur et dur a forcé les développeurs à repenser leurs priorités. Koster cite plusieurs exemples révélateurs de cette transition :
- Stardew Valley et Animal Crossing, pour leur dimension sociale et de gestion.
- Minecraft, pour la liberté créative totale.
- Valheim et No Man’s Sky, qui privilégient l’exploration et la survie.
Selon lui, il est désormais évident qu’une demande forte existe pour des interactions qui dépassent le simple fait de “tuer des orcs en boucle”. Le succès de plateformes comme Fortnite ou Roblox confirme cette tendance : le simple désir de passer du temps ensemble, dans un espace numérique partagé, est devenu aussi crucial que l’accomplissement d’objectifs linéaires.
La persistance au cœur de l’expérience
Malgré l’évolution des habitudes de consommation, Raph Koster reste convaincu que l’essence du MMO demeure unique. La force du genre réside dans la combinaison de deux facteurs : un monde persistant et la présence d’une vaste population de joueurs.
Bien que les titres cités plus haut proposent déjà cette persistance à plus petite échelle, leur popularité massive a convaincu Koster que le moment était opportun pour réinvestir le créneau. Pour lui, le genre est enfin libéré de ce qu’il nomme le “rêve fiévreux” d’imiter Blizzard, permettant ainsi l’éclosion de propositions plus audacieuses et diversifiées.
