Final Fantasy 4 : Square a failli sauter un numéro

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Final Fantasy 4 : Square a failli sauter un numéro

La saga Final Fantasy, pilier du jeu de rôle japonais, a bien failli connaître une trajectoire marketing pour le moins inhabituelle. Takashi Tokita et Yoshinori Kitase, figures emblématiques du développement chez Square Enix, ont récemment révélé qu’une stratégie audacieuse avait été envisagée pour le quatrième opus : sauter directement à “Final Fantasy 5”.

Cecil leads the party to Troia in Final Fantasy 4's 3D Remake.

L’objectif derrière cette idée, jugée “brillante” par Kitase, était purement compétitif. À l’époque, Square cherchait désespérément à surpasser Dragon Quest, la franchise rivale qui dominait le marché depuis ses débuts sur NES. Sorti un an avant le premier Final Fantasy, Dragon Quest s’était imposé comme la référence incontournable de l’éditeur.

Une course à la numérotation

Lors du passage de la NES à la Super Nintendo (SNES), l’équipe de développement a perçu une fenêtre d’opportunité unique. Takashi Tokita, qui occupait alors son premier poste de concepteur principal sur Final Fantasy 4, explique cette pression constante : “À l’ère de la NES, Dragon Quest sortait systématiquement avant Final Fantasy. Nous avions le sentiment de courir après eux en permanence.”

Le passage à la SNES changeait la donne. Les deux séries en étaient alors à égalité avec quatre titres chacune. Pour la direction de Square, l’idée de nommer le nouveau jeu Final Fantasy 5 visait à créer une avance artificielle sur le calendrier des sorties de Dragon Quest.

Une stratégie marketing audacieuse

Confirmant les souvenirs de Kitase, Tokita précise : “Le PDG de l’époque avait déclaré que nous sauterions le 4 pour passer directement au 5 afin de battre Dragon Quest. C’était une approche pour le moins innovante.”

Bien que ce projet n’ait finalement pas abouti, la série n’en est pas à son coup d’essai en matière de numérotation confuse. Les joueurs nord-américains se souviennent encore de la nomenclature erratique des années 90, où Final Fantasy 4 avait été renommé Final Fantasy 2, et le sixième opus avait hérité du titre de Final Fantasy 3.

Si cette manœuvre aurait sans doute dérouté les fans, les développeurs reconnaissent que le paysage du jeu vidéo était en pleine mutation. “Le développement changeait, mais la manière dont les jeux étaient promus évoluait tout autant”, conclut Tokita.

Cet épisode témoigne de l’ambition dévorante de Square Enix à une époque charnière pour le genre JRPG. Aujourd’hui, avec le recul, cette anecdote illustre à quel point la guerre des chiffres était au cœur des préoccupations stratégiques des studios japonais.

George Young