Steam : l’IA pourrait représenter 50 % des jeux d’ici 2028
D’ici 2028, la moitié des nouveaux titres publiés sur Steam intégreront des contenus générés par intelligence artificielle. Cette projection, issue d’une étude menée par Sulka Haro, ancien développeur de Habbo Hotel, souligne une accélération fulgurante de l’adoption de ces outils technologiques au sein de l’industrie vidéoludique.

Une courbe de croissance exponentielle
L’analyse repose sur l’examen de 53 600 jeux lancés sur la plateforme de Valve entre juillet 2023 et juillet 2026. Depuis l’introduction par Steam, en 2024, d’une fonctionnalité obligeant les développeurs à déclarer l’usage de l’IA, les chiffres montrent une tendance claire. Actuellement, près de 31 % des jeux Steam mentionnent l’utilisation de ces technologies.
« Si la trajectoire actuelle se maintient, les jeux utilisant l’IA dépasseront les 50 % de l’ensemble des nouveautés sur Steam entre 2027 et 2028 », explique Sulka Haro sur son Substack. Ce basculement marque une rupture majeure, le taux étant parti de zéro avant la mise en place du champ de déclaration obligatoire.
Démocratisation ou multiplication du « shovelware » ?
L’étude pointe un paradoxe : si l’IA abaisse considérablement la barrière à l’entrée, permettant à des développeurs novices de concevoir non plus un seul jeu, mais plusieurs, cela favorise également l’émergence de contenus de faible qualité, souvent qualifiés de « shovelware ».
- Accessibilité accrue : L’IA facilite la création multiple.
- Volume de production : Les développeurs utilisant l’IA produisent en moyenne trois fois plus de titres que les autres.
- Adoption mesurée : 80 % des 37 000 éditeurs identifiés n’ont jamais publié de jeu utilisant l’IA.
- Usage unique : Parmi ceux ayant franchi le pas, 89 % ne l’ont fait que pour un seul projet.
Les défis de la visibilité sur Steam
Cette prolifération de titres assistés par IA soulève des inquiétudes quant à la découvrabilité des jeux de qualité. L’analyste Mat Piscatella, de chez Circana, a récemment alerté sur le risque accru de clonage de jeux indépendants à succès grâce au « vibe coding ».
La multiplication des contenus générés automatiquement pourrait ainsi complexifier davantage le catalogue Steam, rendant plus difficile pour les joueurs de distinguer les créations originales des ripoffs automatisés. Une tendance qui, selon les observateurs, ne semble pas prête de s’inverser malgré les réticences manifestées par une partie des développeurs traditionnels.

