Origin Lab lève 8 M$ pour transformer les jeux vidéo en IA

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Origin Lab lève 8 M$ pour transformer les jeux vidéo en IA

La startup Origin Lab vient de boucler une levée de fonds en amorçage de 8 millions de dollars, portée par Lightspeed Ventures. L’entreprise ambitionne de devenir le pont reliant l’industrie du jeu vidéo aux laboratoires développant des « modèles du monde » (world models) destinés à la robotique et à la compréhension de l’espace physique.

Origin Lab raises $8M to help video game companies sell data to world-model builders

Le tour de table a également vu la participation de fonds tels que SV Angel, Eniac, Seven Stars et FPV, ainsi que des investissements providentiels de figures du secteur comme Kevin Lin, cofondateur de Twitch, et Kyle Vogt, fondateur de Cruise. Fondée par Anne-Margot Rodde, Antoine Gargot et Colin Carrier, la jeune pousse veut résoudre un problème majeur : le manque de données structurées pour entraîner les IA à interagir avec le monde réel.

Une mine d’or numérique pour l’IA

Contrairement aux grands modèles de langage (LLM) qui s’appuient sur le texte, les modèles conçus pour la robotique nécessitent une compréhension précise de la physique et du mouvement. « Les systèmes d’IA actuels doivent comprendre comment le monde physique fonctionne et comment les objets se déplacent. Ces données résident essentiellement dans les jeux vidéo », explique Anne-Margot Rodde, co-CEO de l’entreprise.

Origin Lab se positionne comme une place de marché spécialisée. D’un côté, elle permet aux studios de jeux vidéo de monétiser leurs actifs numériques existants. De l’autre, elle fournit aux laboratoires de recherche, comme AMI Labs de Yann LeCun ou World Labs de Fei-Fei Li, des jeux de données de haute qualité, dûment licenciés et formatés pour l’entraînement.

Combler le fossé technologique

Le rôle d’Origin Lab est technique : convertir des environnements de jeu complexes en données exploitables. Cela peut aller de simples rendus jusqu’à l’automatisation de milliers d’heures de séquences de jeu (walkthroughs). « Il est devenu évident que l’industrie du jeu vidéo possédait des données incroyablement précieuses, mais qu’il n’existait aucune infrastructure pour connecter ces studios aux laboratoires d’IA », ajoute Rodde.

Jusqu’ici, l’utilisation de séquences de jeux vidéo pour l’entraînement d’IA restait un terrain miné par des questions juridiques et de droits d’auteur. En décembre 2024, Origin Lab cherche à professionnaliser ce secteur après que OpenAI a été au cœur d’une polémique, son modèle Sora ayant semblé exploiter des séquences de jeux sans licence claire.

Un marché en pleine structuration

L’intérêt pour cette niche ne faiblit pas. Amazon a déjà manifesté son intention d’utiliser les flux de sa plateforme Twitch pour entraîner ses propres modèles. Pour les investisseurs, Origin Lab représente une opportunité stratégique.

Faraz Fatemi, partenaire chez Lightspeed, souligne que le succès de Scale AI a prouvé la viabilité économique des fournisseurs de données spécialisés. « Nous avons constaté à quel point le passage à l’échelle des revenus peut être rapide pour les fournisseurs de données qui servent les grands laboratoires. Ces entreprises sont extrêmement bien financées, et le goulot d’étranglement pour toutes reste la donnée », conclut-il.