Pourquoi les écrans OLED carrés manquent au rétrogaming
Alors que le marché du moniteur gaming est saturé de formats panoramiques, une catégorie de joueurs reste délaissée : les nostalgiques du rétrogaming. Malgré la disparition des tubes cathodiques (CRT) depuis plus de deux décennies, ces écrans restent la référence absolue pour l’affichage des consoles rétro. Pourtant, face à la raréfaction des modèles fonctionnels, l’industrie tarde à proposer une alternative moderne digne de ce nom.

Le charme des anciens écrans repose sur la combinaison unique des phosphores et du format 4:3. Si le passage au 16:9 a été nécessaire pour le divertissement moderne, l’absence totale de formats plus étroits sur le marché actuel crée un fossé. Pour un passionné qui répare ces machines au quotidien, il est clair que les CRT ne seront pas éternels. La technologie OLED, grâce à sa luminosité et sa vivacité, est aujourd’hui la seule capable de rivaliser avec le rendu visuel de ces tubes d’antan.
L’hégémonie du 16:9 et le paradoxe de l’ultrawide

Le secteur des moniteurs est aujourd’hui verrouillé par des standards de production imposés par des géants comme LG Display ou Samsung. Les dalles panoramiques (21:9, 32:9) sont mises en avant pour la productivité, bien que leur utilité réelle pour le jeu PC reste discutable, faute de support logiciel généralisé. Pendant ce temps, la demande pour des écrans carrés est traitée comme une niche sans intérêt commercial.
Il existe pourtant des exceptions technologiques, bien que souvent propriétaires ou inaccessibles. Le Surface Studio 2+ de Microsoft utilise une dalle 3:2 de 28 pouces, ce qui se rapproche le plus d’un moniteur moderne au format “carré”. Cependant, cette technologie demeure fermée. Des tentatives tierces, comme le Kuycon P20, ont essayé de combler ce vide, mais avec des tarifs avoisinant les 1 000 dollars et des spécifications techniques souvent en retrait par rapport aux dalles OLED actuelles, le compromis reste difficile à justifier.


Le format 3:2 comme compromis idéal
Plutôt que d’exiger un retour strict au 4:3, le format 3:2 semble être une solution médiane viable. Avec l’émergence de consoles portables comme le Steam Deck, qui utilise un ratio 16:10, les joueurs sont déjà habitués à des formats moins étirés. Un écran 3:2 permettrait de jouer aux titres modernes avec un léger “letterboxing” tout en offrant un espace de jeu confortable pour les consoles rétro couplées à des upscalers comme l’OSSC ou des systèmes FPGA récents comme l’Analogue 3D.

Pour réussir cette transition, deux axes sont nécessaires :
- La production de dalles OLED au format 3:2 par les fabricants de panneaux.
- Une meilleure gestion des filtres visuels (shadow masks, aperture grille) par les développeurs de remakes et de consoles modernes pour reproduire fidèlement la séparation des pixels.

La communauté rétrogaming est plus active que jamais. Le succès des solutions de conversion et l’intérêt croissant pour le matériel vintage prouvent qu’il existe une demande réelle pour des écrans capables de respecter l’intégrité visuelle des œuvres d’origine. Il est temps que les constructeurs considèrent le format 3:2 non plus comme une anomalie, mais comme une opportunité de séduire un public exigeant en quête de qualité OLED.