Romeo is a Dead Man : le retour en force de Suda51
Avec Romeo is a Dead Man, le créateur japonais Suda51 signe son œuvre la plus aboutie et la plus personnelle depuis des années. Sorti le 11 février 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series X/S, ce titre édité par Grasshopper Manufacture ne se contente pas d’être un défouloir sanglant : il s’impose comme un spectacle visuel étrange, mélancolique et profondément original, digne de l’héritage de No More Heroes.

Un périple temporel viscéral
L’histoire suit Romeo Stargazer, un jeune policier obsédé par les théories du complot. Après une intervention tragique qui lui coûte la vie, il est mystérieusement ressuscité par son grand-père, un scientifique excentrique. Désormais membre de la “FBI Space-Time Police”, Romeo parcourt les époques à bord de son vaisseau, le Last Night, pour traquer des entités monstrueuses, dont une version eldritch troublante de sa petite amie disparue, Juliet.
Le jeu alterne entre des phases d’action effrénées et des moments de calme sur le vaisseau. Ces séquences, présentées sous la forme d’un RPG 16-bit, permettent de cuisiner du katsu curry, d’améliorer ses statistiques via des bornes d’arcade ou d’interagir avec une équipe de choc aux personnalités décalées.
Un système de combat qui se mérite
Le cœur du gameplay repose sur un système de hack and slash exigeant. Romeo dispose de huit armes — quatre de corps-à-corps et quatre à distance — dont la “Star Destroyer”, une épée massive, s’avère être un choix redoutable. Si les débuts peuvent paraître laborieux, notamment en raison d’un manque de puissance de feu et d’un champ de vision (FOV) trop restreint qui rend les attaques surprises frustrantes, la montée en puissance est gratifiante.

Voici ce qu’il faut retenir de l’expérience :
- Fluidité de l’action : Une fois les premières heures passées, le sentiment de toute-puissance est total grâce à la technique du “Bloody Summer”, une attaque spéciale qui inflige d’énormes dégâts tout en soignant Romeo.
- Direction artistique : Un mélange audacieux de références à la pop culture, allant des citations d’Oscar Wilde aux clins d’œil musicaux (The Clash, Morrissey).
- Profondeur émotionnelle : Le jeu puise dans une mélancolie proche de Neon Genesis Evangelion, élevant le titre au-delà d’un simple jeu d’action.
Des zones d’ombre subsistent
Tout n’est pas parfait pour autant. Certains systèmes, comme le “Sentrey Forge” situé sur le vaisseau, manquent de clarté. De même, les énigmes dans le sous-espace, bien qu’originales, peinent parfois à expliquer leurs mécaniques aux joueurs. L’usage du voyage dans le temps, bien que central au scénario, aurait pu être davantage exploité dans le design des niveaux.

Le titre brille particulièrement par son ambiance sonore et visuelle. L’utilisation de cafards comme symbole d’horreur dans le niveau de l’asile rappelle l’esthétique du film Prince des ténèbres de John Carpenter. Pour ceux qui acceptent de passer outre un démarrage poussif, Romeo is a Dead Man offre un voyage inoubliable, prouvant que Suda51 reste l’un des auteurs les plus singuliers du jeu vidéo actuel.
