Sword of the Sea : l’odyssée fluide de Giant Squid
Sorti le 19 août 2025 sur PC et PS5, Sword of the Sea marque l’aboutissement d’une quête entamée il y a plus de dix ans par le studio Giant Squid. Sous la direction créative de Matt Nava, ce titre ne se contente pas d’être une nouvelle aventure, mais agit comme une synthèse magistrale reliant les héritages de Journey, Abzu et The Pathless dans une expérience à la fois méditative et grisante.
Un gameplay axé sur le mouvement
Le cœur de l’expérience repose sur le “hoversword”, une planche hybride entre le snowboard, le skateboard et le surf. La prise en main est d’une fluidité exemplaire : le système de contrôle est volontairement permissif, transformant chaque impulsion du joueur en une chorégraphie élégante. Contrairement aux jeux de sport classiques où l’échec est punitif, ici, le jeu favorise une sensation de liberté totale.

La caméra dynamique accompagne parfaitement chaque mouvement, fluidifiant les passages entre les zones désertiques et les ruines antiques. Le protagoniste évolue avec une grâce proche de la danse, soutenu par une interface minimaliste qui renforce l’immersion dans cet univers où les frontières entre terre, air et mer s’estompent.
Une narration visuelle et sonore immersive

L’histoire, qui consiste à restaurer un océan perdu et purifier des terres dévastées, se dévoile sans dialogue, privilégiant les indices environnementaux et les fresques murales. La direction artistique est saisissante : les dunes de sable ondulent comme de l’or liquide, tandis que l’activation des runes déclenche des envolées de poissons nageant dans les airs, créant un spectacle visuel hypnotique.
- Points forts : Une sensation de glisse à la fois relaxante et intense, une narration évocatrice reliant les titres du studio, et une direction artistique somptueuse.
- Points faibles : Certaines séquences d’action, notamment le contrôle de créatures marines géantes, manquent de la précision chirurgicale du reste du jeu.

Entre contemplation et action
Si la structure par chapitres peut paraître classique, elle est enrichie par des moments de bravoure cinématographiques. Le compositeur Austin Wintory livre une partition musicale qui porte l’émotion du récit, transformant les phases d’exploration en une véritable expérience sensorielle.

Malgré quelques séquences de chevauchée de créatures marines parfois laborieuses, le jeu compense largement par son rythme. Avec une durée de vie d’environ 2 à 3 heures pour l’histoire principale, prolongée par des éléments optionnels et des défis de tricks, Sword of the Sea s’impose comme une œuvre cohérente et poétique, célébrant plus d’une décennie de savoir-faire narratif.
