Take-Two : Strauss Zelnick répond aux provocations d’Elon Musk
Le développement de Grand Theft Auto 6 reste l’un des sujets les plus scrutés de l’industrie vidéoludique. Récemment, le débat sur l’impact de l’intelligence artificielle générative dans ce processus créatif a pris une tournure inattendue, opposant Strauss Zelnick, PDG de Take-Two Interactive, à Elon Musk.

Tout a commencé en janvier dernier, lorsqu’Elon Musk a partagé une réflexion sur X (anciennement Twitter), suggérant qu’il existait une probabilité non nulle que l’IA générative permette de “générer son propre GTA 6 en quelques minutes” avant même la sortie officielle du titre de Rockstar Games. Une vision partagée par Tim Sweeney, PDG d’Epic Games, qui voit dans le “texte vers GTA” une étape logique de l’évolution technologique.
La contre-attaque de Strauss Zelnick
Lors d’un échange sur scène à la conférence Semafor World Economy le 16 avril dernier, Strauss Zelnick a fermement contredit cette perspective. Pour le patron de Take-Two, si l’IA devait réellement remplacer quelqu’un, ce serait en priorité le poste occupé par le milliardaire lui-même.

“Il dispose de ressources financières illimitées, de ressources humaines illimitées et, semble-t-il, d’un nombre infini d’idées”, a souligné Zelnick. “Il maîtrise l’IA et travaille 20 heures par jour. Si l’IA devait prendre le travail de quelqu’un, ne devrait-elle pas commencer par le sien ? Pourquoi est-il si occupé ?”
L’IA : un outil, pas une révolution créative
Pour le dirigeant de Take-Two, l’idée que l’IA puisse automatiser la création d’un jeu de l’ampleur de GTA 6 relève de la méconnaissance des processus de production complexes. Voici les points clés de sa position :
- L’IA générative peut offrir des outils utiles dans des cas spécifiques, mais elle ne révolutionne pas la création de jeux AAA.
- Le travail intense requis pour concevoir un titre comme GTA 6 ne peut être ni remplacé ni simplement rationalisé par des algorithmes.
- Malgré l’intégration de l’IA dans tous les aspects de son quotidien professionnel, Zelnick affirme travailler plus dur que jamais.
Au-delà de la technologie, la discussion a dérivé vers une note plus légère, les participants plaisantant sur la nature même d’Elon Musk. Zelnick a conclu avec ironie : “Peut-être qu’Elon Musk est effectivement une simulation, c’est possible. Si l’on devait choisir une personne pour être une simulation, il serait mon premier choix.”
Cette joute verbale souligne le fossé entre les théories futuristes sur l’automatisation totale et la réalité opérationnelle des grands studios de développement, où le savoir-faire humain demeure, selon Zelnick, irremplaçable.