Windows 11 : GOG dénonce des bugs critiques pour le rétrogaming

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Windows 11 : GOG dénonce des bugs critiques pour le rétrogaming

La préservation du patrimoine vidéoludique est un combat quotidien contre l’obsolescence programmée. Alors que les éditeurs délaissent souvent leurs anciens titres, les équipes de GOG font face à un obstacle majeur : les mises à jour de Windows 11, qui provoquent des dysfonctionnements imprévus sur les jeux classiques.

Resident Evil

Michał Obuchowski, responsable technique de l’édition chez GOG, explique à RPGSite que la gestion des permissions par Microsoft devient un véritable casse-tête. L’introduction de l’Administrator Protection, qui remplace les anciennes fenêtres UAC par un compte administrateur temporaire et sécurisé via Windows Hello, modifie radicalement la manière dont les jeux hérités sollicitent les autorisations nécessaires pour fonctionner.

GOG Preservation Program - Make Games Live Forever - YouTube

« C’est une mesure de sécurité logique, mais elle change la donne pour nous », souligne Obuchowski. Le problème principal réside dans l’opacité des changements : les développeurs ne découvrent les impacts réels sur leurs titres qu’une fois que Microsoft déploie ses versions préliminaires.

Des régressions techniques spectaculaires

Au-delà des permissions, c’est la structure même de Windows qui pose problème. En cherchant à se moderniser, le système d’exploitation se déleste de composants anciens, entraînant des « régressions spectaculaires » pour les logiciels des années 90.

Parmi les points critiques soulevés par GOG :

  • DirectShow : Des régressions dans les versions récentes de Windows 11 cassent l’affichage des vidéos dans de nombreux jeux classiques.
  • Drivers obsolètes : La suppression progressive du support matériel ancien empêche le lancement de certains titres.
  • Protections DRM : Les anciens systèmes de copie, parfois complexes à retirer, rendent la préservation sans DRM plus nécessaire que jamais.

« Chaque fois qu’un morceau de Windows est retiré, un jeu de 1998 peut cesser de fonctionner », déplore Obuchowski. Pour une entreprise comme Microsoft, concentrée sur les nouvelles technologies, ces ajustements semblent mineurs, mais ils constituent une menace existentielle pour l’archivage numérique.

Un travail de restauration permanent

Malgré ces freins, GOG continue de réaliser des miracles techniques. Des titres autrefois difficiles d’accès, comme Ecstatica ou Clive Barker’s Undying, ont été restaurés avec succès. Même des monuments du jeu vidéo comme la trilogie originale Resident Evil ont bénéficié de ce travail de maintenance minutieux.

La situation souligne l’importance vitale des initiatives de préservation. Dans un écosystème où la technologie est fragmentée et où les mises à jour système sont imprévisibles, garantir que les joueurs n’aient pas besoin de la « permission d’une boutique » pour accéder à leurs achats reste la mission centrale de GOG.

Anthony McGlynn