Sony dépose un brevet étrange : un joystick à la dureté variable
Sony continue d’explorer des concepts matériels pour le moins atypiques. Le géant japonais vient de déposer un brevet décrivant un dispositif de contrôle doté d’un « élément d’opération » capable de modifier sa propre dureté pendant l’utilisation. Si la forme du périphérique rappelle les joysticks classiques destinés aux simulateurs de vol, c’est bien la technologie interne qui soulève des interrogations.

Le document, intitulé officiellement « Dispositif d’opération, appareil de traitement d’informations, méthode de contrôle associée et programme », a été déposé en novembre 2024 et publié en mai de cette année. La description technique précise : « Ce dispositif d’opération est muni d’un élément d’opération qui reçoit une action de l’utilisateur ; d’une partie de contact disposée sur la surface de cet élément ; et d’une unité de contrôle de dureté qui modifie la rigidité de ladite partie de contact. »

Vers une évolution du retour haptique
Bien que le brevet présente un joystick, il est probable que cette technologie ne soit qu’un exemple générique. Sony cherche ici à protéger intellectuellement un concept qui pourrait définir les futures manettes de la marque, potentiellement pour la PS6. L’idée serait de pousser plus loin l’immersion déjà introduite par la DualSense de la PS5.

Le mécanisme repose sur l’utilisation d’un élastomère magnéto-viscoélastique. Ce matériau utilise des aimants pour ajuster la résistance à la pression en temps réel. Cette innovation permettrait d’envisager des applications concrètes en jeu :
- Immersion contextuelle : La résistance d’un bouton pourrait varier selon l’état physique du personnage (ex: difficulté à ramper sous tension).
- Retour tactile différencié : Le bouton de saut ou de rappel d’arme pourrait offrir un ressenti unique, renforçant le poids de l’action à l’écran.
- Personnalisation : Une réponse physique adaptée aux spécificités de chaque personnage jouable.

Un potentiel sous-exploité ?
Si l’idée intrigue les passionnés de hardware, elle soulève aussi des doutes. Les technologies de retour haptique et de gâchettes adaptatives actuelles, bien qu’impressionnantes, restent parfois sous-utilisées par les développeurs. L’intégration de boutons à résistance variable nécessiterait un engagement significatif de la part des studios pour éviter que ces fonctionnalités ne deviennent de simples gadgets éphémères.

Pour l’heure, ce brevet confirme l’intérêt de Sony pour l’amélioration du « feeling » manette en main. Reste à savoir si cette technologie sortira un jour des laboratoires de R&D pour atterrir entre les mains des joueurs.